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Les fondamentaux Économie circulaire dans le textile

L’industrie textile, parce qu’elle est une des plus polluantes au monde, est au carrefour de nombreux défis. L’environnement paye lourdement la facture de la surproduction textile. La transition vers une économie circulaire dans le textile est cruciale pour l’avenir de notre planète. En France et dans le monde, l’économie circulaire offre une alternative durable et pertinente. Vêtements éco-conçus, recyclage des textiles, révolutionne notre façon de vivre la mode. L’économie circulaire peut-elle redéfinir l’avenir de l’industrie textile ? Cette industrie peut-elle se transformer sans perdre sa créativité ? Suivez le guide et découvrons comment la filière textile peut adopter l’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire dans le textile ?

L’économie circulaire est un principe d’organisation économique qui vise à gérer de façon optimale les ressources tout au long du cycle de vie du produit. L’économie circulaire contribue à réduire l’impact environnemental et à créer une industrie textile plus durable. Face à la demande croissante, la production textile, gourmande en eau et en énergie augmente. La consommation excessive de ressources naturelles exploite des réserves qui ne sont pas inépuisables. L’un des principes de l’économie circulaire est que tous les produits utilisés deviennent des ressources et non pas des déchets.

L’économie circulaire fonctionne sur un système de boucle. Les produits sont dès la fabrication, conçus pour être réparés ou recyclés. C’est l’écoconception. L’économie circulaire vise également à ce que la production ait un impact positif sur l’Homme et l’environnement. En réutilisant, en réparant et en partageant, le consommateur participe de façon responsable à l’économie circulaire. On peut résumer cette activité ainsi : l’économie circulaire permet de faire mieux et plus avec moins.

Un bilan environnemental lourd pour la filière de la mode et du textile

L’industrie textile consomme 4 milliards de tonnes d’équivalent CO2 chaque année. La production et le transport des matières premières représentent, selon l’ADEME, 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Depuis les années 2000, la demande mondiale explose et la production suit, entraînée par le phénomène de la « fast fashion ». Une mode « jetable » qui consiste à renouveler rapidement des collections vendues à bas prix.

Ainsi, le bilan environnemental de l’industrie textile est désastreux. L’eau est utilisée en grande quantité pour la culture des fibres, mais aussi pour éliminer les impuretés, les colorants et les produits d’apprêt. Entre 7 000 et 10 000 litres d’eau sont nécessaires à la fabrication d’un jean. Il faut 2 700 litres d’eau pour fabriquer un t-shirt. Les matières synthétiques comme le polyester ou le polyamide, fabriqués à partir de pétrole, engendrent une forte dépendance aux énergies fossiles. Il est donc urgent d’adopter de nouvelles pratiques dans l’industrie du vêtement.

L’industrie textile met sur le marché 2,6 milliards de produits textiles chaque année en France. Il y a urgence pour réduire le bilan carbone du secteur de la mode et du textile. Le système doit se transformer pour évoluer vers une économie circulaire.

Comment fonctionne l’économie circulaire dans le textile ?

Jusqu’à présent, l’économie textile reposait sur une logique linéaire (produire, consommer, jeter). Un système de production en vigueur depuis les années 50. L’économie circulaire s’oppose à ce système dans le sens où ce qui est produit et consommé ne doit plus être simplement jeté. L’économie circulaire textile induit un cycle de vie du produit en boucle, où chaque étape entraîne la suivante. Ainsi, le système de production est pensé dans sa globalité, et inclut les problématiques liées à la consommation et la gestion des déchets dès la phase de conception.

Quelles sont les pratiques de conception durable dans le textile ?

L’urgence environnementale pousse les acteurs de l’industrie textile à relever le défi de la conception durable. L’écoconception textile vise à créer des produits textiles qui minimisent l’impact sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie, de la production à la fin de vie. Cette problématique complexe nécessite de repenser la manière dont les vêtements sont créés par une approche articulée sur l’ensemble du cycle de vie des produits.

Sélectionner des fibres et tissus durables

Choisir des fibres et des tissus durables, tels que le coton biologique, le lin, le chanvre et les fibres recyclées s’impose dans une perspective de conception durable. Les fibres d’origine végétale certifiées réduisent l’empreinte environnementale en minimisant la consommation de ressources naturelles et en limitant l’utilisation de produits chimiques.

Concevoir des vêtements et des produits textiles de qualité

Exit la mode jetable, vive les vêtements qui durent. Prolonger la durée de vie des vêtements ne se limite pas au choix des fibres textiles. En concevant des modèles intemporels, avec une finition et de la mercerie de qualité, fabricants et designers contribuent à réduire les déchets textiles.

Réduire les déchets textiles de la conception à la production

Adopter des techniques de production écoresponsables c’est aussi optimiser le tissu en plaçant efficacement le plan de coupe pour réduire la perte de matière.

Transparence et traçabilité des vêtements

Les marques responsables mettent en avant la traçabilité de leurs produits. Elles fournissent des informations sur la provenance des matériaux et les conditions de production.

Recyclage et upcycling de la production textile

Avec la mise en place de filières de collecte de vêtements usagés, de réparation et de recyclage, les textiles en fin de vie se transforment en nouvelles matières. Ces dernières peuvent être utilisées pour la fabrication de nouveaux produits textiles et participent à réduire la demande de matières premières.

Que sont la réutilisation et le recyclage textile ?

La réutilisation et le recyclage sont deux leviers majeurs de l’économie circulaire dans le secteur textile. D’après l’Institut National de l’Économie Circulaire, la production de vêtements a doublé ces 15 dernières années. La fin de vie des produits textiles rassemblés sous l’appellation « Textiles, Chaussures et Linge de Maison » (TLC) n’a pas été suffisamment prise en compte par les acteurs de l’industrie textile. Face à cet accroissement exponentiel, le recyclage textile est devenu indispensable.

Comment faciliter le développement du recyclage textile ?

Le recyclage à grande échelle requiert une organisation spécifique d’un bout à l’autre de la chaîne. En 2021, Refashion indique que sur 715 000 tonnes de textile, chaussures et linge de maison mis sur le marché français, 34 % ont été collectées. Seulement 25 % de la collecte a été recyclé. Avec la Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, le réemploi et le recyclage seront fixés par décret. La filière s’organise pour responsabiliser les entreprises qui mettent en marché les Textiles, Linge et Chaussures (TLC). 

Comment penser le recyclage et la valorisation des déchets textiles ?

Les textiles destinés au recyclage sont générés à partir de matières provenant de chutes de fabrication et de vêtements usagers. Le tissu est collecté, broyé et transformé à l’état de fibres qui seront utilisées pour la confection de nouveaux vêtements. La norme GRS (Global Recycled Standard) est délivrée par Ecocert Greenlife. Elle certifie le contenu recyclé d’un produit et veille au bon respect de critères environnementaux et sociaux.

Comment mettre en œuvre l’économie de la fonctionnalité dans le textile ?

La mise en œuvre de l’économie de la fonctionnalité dans le textile nécessite une approche innovante et réfléchie pour transformer l’industrie textile traditionnelle en un modèle plus durable et circulaire.

Qu’est-ce que l’économie de la fonctionnalité dans la filière textile ?

L’économie de la fonctionnalité est l’un des 7 des piliers de l’économie circulaire définis par l’ADEME. Ce modèle consiste à « vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes ». Outre le textile, ce nouveau modèle économique s’applique à de nombreux secteurs. Concrètement, pour le secteur de la mode, il s’agit de vendre la possibilité de porter un vêtement, sans que le client n’en soit propriétaire. On vend l’usage d’un produit et non le produit lui-même. Pour ce type de produit, le modèle fonctionnel est pertinent, car plus rentable pour le consommateur.

Mettre en place l’économie de la fonctionnalité dans la filière textile, est-ce difficile ?

Mettre en œuvre l’économie de la fonctionnalité dans le textile demande une transformation profonde de la manière dont l’industrie opère. Cette approche contribue à la création de modèles économiques plus durables et rentables à long terme. Les marques peuvent mettre en place des programmes de collecte de vêtements et de remise en état. Cela permet de prolonger la durée de vie des produits et de les remettre sur le marché. La location de vêtements ou même des programmes d’échange de vêtements usagés sont également des services basés sur la fonctionnalité.

Quel est l’impact environnemental positif de l’économie circulaire textile ?

L’économie circulaire peut réduire de manière significative l’impact environnemental de l’industrie textile. Mais également préserver les ressources, réduire les émissions de gaz à effet de serre et minimiser la production de déchets textiles et de vêtements jetables. Selon la Fondation Ellen MacArthur, l’intégration d’au moins 60 % d’énergie renouvelable dans la production textile réduirait les émissions polluantes d’environ 50 %.

Quels sont les défis de l’industrie textile traditionnelle ?

Le secteur de l’habillement n’a pas d’autre choix que de prendre le chemin de la durabilité. Les défis de l’industrie textile, dans sa transition vers une économie circulaire et durable, concernent l’ensemble de la filière textile. Les enjeux environnementaux doivent être considérés sur tout le cycle de vie du produit textile. De la production de matières premières en passant par la fabrication jusqu’à sa fin de vie et sa revalorisation (réemploi, recyclage).

De nombreuses entreprises et organismes de l’industrie textile travaillent déjà à des pratiques plus durables. Celles-ci sont définies dans le cahier des charges de la filière à Responsabilité Elargie du Producteur (REP) de gestion des déchets TLC. Améliorer la traçabilité, réduire l’utilisation de produits chimiques, favoriser la réutilisation et le recyclage (article L541-1 du code de l’environnement). Mais également, promouvoir des conditions de travail équitables.

Comment les entreprises textiles adoptent-elles l’économie circulaire ?

L’économie circulaire est désormais au cœur de l’écosystème de la filière textile. On l’a précédemment vu, l’industrie textile française s’est établie sur un modèle économique linéaire. L’adoption d’un modèle économique circulaire par la filière textile se fait en fonction des opportunités de développement, des contraintes législatives et des contraintes de production. Les leviers principaux pour y parvenir, sont la sobriété énergétique, l’écoconception des produits et la formation des managers.

Quelles sont les perspectives pour l’avenir de l’économie circulaire textile ?

Le dispositif REP TLC vise à développer l’économie circulaire des textiles. Dans un rapport de 2018, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), indique que le REP TLC « obtient de bons résultats depuis sa mise en place ». Sa principale difficulté réside dans la « faiblesse du pilotage stratégique par l’État faute de moyens à y consacrer ». La fragilité du système repose donc sur les moyens mis en œuvre pour améliorer la R&D, soutenir les débouchés du recyclage et atteindre les objectifs de collecte. L’économie circulaire textile s’inscrit dans un ensemble de solutions, face à l’urgence environnementale et la croissance effrénée de la production mondiale de textiles.