20 novembre 2023

Les conséquences environnementales des 6 limites planétaires franchies

Depuis la publication du rapport Meadows en 1972, la communauté scientifique alerte régulièrement sur l’état des ressources naturelles de la planète. L’eau, la biodiversité et le climat sont menacés par l’activité humaine (pollution, déforestation, gaspillage des ressources naturelles). En 2009, un collectif de scientifiques a établi une liste de 9 seuils critiques dont le franchissement est susceptible de remettre en cause l’équilibre de la planète, et les conditions de vie sur Terre. Depuis 2022, six des neuf limites planétaires ont été franchies, tandis que 2 autres semblent sérieusement menacées. Avec des conséquences potentiellement irréversibles pour l’environnement.

Les 9 limites planétaires : un seuil d’alerte pour l’humanité

Le concept de limite planétaire identifie les frontières à ne pas dépasser pour que l’humanité puisse vivre dans un écosystème sûr. Établis à l’échelle mondiale, ces neuf seuils font l’objet d’une surveillance régulière de la part de la communauté scientifique.

L’origine du concept de limite planétaire

Le concept de limite planétaire trouve son origine dans les travaux menés par Joahn Rockström et son équipe de chercheurs du Stockholm Resilience Center. Il s’inspire des premiers constats émis par le rapport Meadows, un ouvrage de référence en matière de développement durable.

D’après ce concept, les limites planétaires correspondent à des seuils dont le franchissement peut avoir des conséquences graves sur l’environnement et sur l’écosystème actuel. Si le terme à employer fait parfois débat, le concept en lui-même est de plus en plus populaire en France et au sein de la communauté internationale. Il a notamment été adopté par la Commission européenne et les Nations Unies.

Les 9 limites planétaires permettent de dessiner les contours d’un périmètre en dehors duquel l’humanité est potentiellement en danger. Elles contribuent à alerter l’opinion publique et les gouvernements mondiaux sur les risques liés au réchauffement climatique et à la surconsommation des ressources de la planète.

Les 9 limites planétaires identifiées par la communauté scientifique

Les limites planétaires proposées par Rockström et son équipe sont les suivantes :

  • le changement climatique ;
  • l’érosion de la biodiversité ;
  • le changement d’utilisation des sols ;
  • l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère (pollution causée par les substances chimiques) ;
  • la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore ;
  • l’acidification des océans(modification du PH de l’eau) ;
  • l’appauvrissement de l’ozone atmosphérique ;
  • l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère (nanoparticules, molécules de synthèse, etc.) ;
  • l’utilisation et le cycle de l’eau douce.

Ces seuils permettent de définir un environnement sûr et stable, favorable au maintien de l’humanité. Ensemble, elles interrogent l’humanité sur la capacité de la Terre à résister aux effets de l’activité humaine, qui ne cesse de s’intensifier.

Quelles sont les conséquences du franchissement des limites de la planète ?

Aujourd’hui, six des neuf limites planétaires ont été franchies et dépassées. Chaque limite franchie rend la Terre un peu moins sûre et accueillante pour l’humanité et génère des risques sérieux pour l’environnement.

Les 6 limites planétaires déjà franchies

Dès la publication de l’étude scientifique, les chercheurs suédois considèrent que trois limites planétaires sont déjà dépassées. Il s’agit du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore.

Depuis 2009, six autres frontières ont été dépassées. Il s’agit du changement d’usage des sols, de l’introduction de nouvelles entités dans la biosphère et plus récemment de l’utilisation et du cycle de l’eau douce. Un niveau de risque élevé a été identifié pour quatre d’entre elles : changement climatique, perturbation des cycles biogéochimiques, érosion de la biodiversité et modification de la biosphère.

Les effets du dépassement de ces seuils critiques pour l’environnement

Aujourd’hui, les chercheurs ne savent pas établir avec précision les effets du dépassement des neuf limites planétaires. Mais le franchissement de chaque limite a des effets directs et perceptibles sur l’environnement.

Ainsi, les conséquences du réchauffement climatique sont multiples : hausse des températures, disparition des espèces, montées des océans, augmentation des évènements climatiques extrêmes. Ces limites sont interdépendantes et leur dépassement a des effets notables sur les sols, sur la disponibilité de l’eau douce et plus généralement sur les conditions de survie des espaces humaines, animales et végétales.

Pour certains chercheurs, le terme « limite » n’est pas réellement approprié, puisqu’il laisse entendre qu’il existerait un point de basculement vers une situation critique. En réalité, il s’agit plutôt d’une frontière, dont le franchissement n’est pas forcément perceptible dans l’immédiat, mais dont le dépassement marque un tournant. La question est : jusqu’où pourrons-nous aller sans risquer l’effondrement ?

Le franchissement des 9 limites planétaires est-il inévitable ?

À l’heure actuelle, trois limites planétaires identifiées dans l’étude du Stockholm Resilience Center n’ont pas encore été franchies. En France comme à l’étranger, le développement durable est entré dans les mœurs, avec pour objectif d’atteindre la neutralité carbone

Où en sont les derniers seuils critiques non franchis ?

En 2023, toutes les frontières mises en lumière par l’étude de Rockström n’ont pas encore été dépassées. Il reste trois seuils non franchis : l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère, l’appauvrissement de l’ozone atmosphérique, et l’acidification des eaux marines. Cependant, la seule limite planétaire encore réellement préservée est l’état de la couche d’ozone.

L’acidification des océans est celle qui se trouve à un stade le plus critique. Le PH des eaux marines est directement menacé par les émissions de gaz à effets de serre. Or, une réduction du PH de l’eau, même très faible, peut avoir des conséquences désastreuses sur la planète. Certaines espèces de plancton seraient menacées, alors qu’elles jouent un rôle majeur dans la production d’oxygène.

L’augmentation des aérosols se rapproche également de son stade critique, et ses conséquences sont loin d’être anodines. Selon les derniers rapports du GIEC, les particules fines ont un impact nocif sur l’environnement et la santé humaine. Une concentration élevée d’aérosols dans l’air rend l’atmosphère plus opaque, ce qui pourrait réduire l’ensoleillement de la Terre de 10 à 15 %. 

Comment éviter de franchir une nouvelle limite planétaire ?

Le franchissement des limites planétaires n’est pas inévitable. Mais la préservation des ressources de la Terre est essentielle pour maintenir un environnement sûr pour les espèces. Les activités humaines sont directement responsables du franchissement des limites planétaires. Une prise de conscience collective est indispensable pour réussir à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et préserver le climat.

La fonte des glaces, qui renferment potentiellement une importante quantité de gaz carbonique, est l’une des principales menaces pour l’écosystème et la biodiversité. Elle peut faire monter le niveau des océans et réduire le PH de l’eau. Le maintien du réchauffement climatique à 2 °C maximum d’ici 2 100 sera probablement décisif.

Le développement durable est l’un des plus grands défis du 21ᵉ siècle. Avec le franchissement de la sixième des neuf limites planétaires, le cycle de l’eau, le monde semble prendre conscience de l’urgence climatique. Les activités humaines doivent diminuer afin de préserver les ressources naturelles de la planète, et maintenir un environnement sûr pour la vie humaine, animale et végétale.

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